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Date : 9 de Onohozu 802

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 Dieu Ensoku, pourquoi suis-je aussi fatiguée ?! [Monopost]

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Migry

Conseillère du Chef Ensoku
Conseillère du Chef Ensoku

Messages : 19
Date d'inscription : 30/05/2010

Détails
Points de Vie:
100/100  (100/100)
Arme: Un Fouet noir
Statut: Conseillère

MessageSujet: Dieu Ensoku, pourquoi suis-je aussi fatiguée ?! [Monopost]   Lun 5 Juil - 5:24

800

Migry se réveilla. Quelle heure était-il ? 19h, 20h peut-être ? Elle se réveillai souvent au milieu de la nuit alors oui, ça devait être ça. Elle opterait presque pour 21h ou 21h30... La jeune conseillère soupira et se leva, malgré l'heure tardive. Il faudrait qu'elle parle à Mikio de ces réveils nocturnes, ce n'était sûrement pas normal qu'elle se mette soudainement à dormir le jour depuis que c'était lui qui s'occupait de ses médicaments pour ses douleurs à l'orbite droit. Bon au moins, elle trouverait sans doute encore deux ou trois personnes dans les couloirs du QG à cette heure...

Deux heures plus tôt, champs d'Ikuza :
Matteo patientait du mieux qu'il pouvait à l'attente de sa belle. Laessia Hylladjima, son exubérante petite amie cachée que tout le monde, même le chef de clan, surtout le chef de clan, croyait simple relation diplomatique. Une Ichizoku, une étrangère au clan sans être une ennemie, pour l'instant. Une histoire que les deux orphelins savaient impossible s'ils restaient dans leurs clans respectifs. Mais ils y croyaient quand même. Car Laessia lui avait conté une magnifique histoire. Celle de la chef du clan Ichizoku, le modèle de sa belle, qui comme elle s'était liée d'amour fou avec un Ensoku. Là résidaient leurs espoirs : ils feraient ce que la jeune femme n'avait pas eu le temps d'accomplir...
Une voix cristalline appelant son nom dans la nuit le sortit de ses réflexions. Sa belle était arrivée.
-Matteo ! Matteo, où es-tu ?
Souriant, il se glissa tel une ombre, se dissimulant dans la brume grise qui flottait sur le paysage. Tandis qu'il entendait la merveilleuse voix inquiète de son amour qui l'appelait, le suppliait dans la nuit, ses doigts lentement s'avancèrent, caressant ses hanches, enlaçant sa taille. Ses lèvres se posèrent avec une douceur infinie sur son cou, le parcourant d'un souffle frais et silencieux, qui fit légèrement frissonner sa moitié. Et tandis qu'un sourire charmé se dessinait sur les lèvres de sa belle, il effleurait sa douce peau de ses lèvres, l'embrassant avec une douceur infinie tandis que ses bras, tendrement, l'amenaient contre lui. Alors que le dos de son amour épousait la forme de son propre corps, le jeune garçon sourit, caressa avec tendresse ces formes qui lui étaient interdites par une trop cruelle loi ancestrale. La voix s'était tue, remplacée par le son du souffle chaud de la jeune fille, légèrement saccadé, mais dans lequel on ressentait que cette soudaine faiblesse n'était due qu'à une chose : elle était heureuse, dans les mains d'un ange, et sur le chemin du paradis. Leur semblant d'immobilité, tandis que seuls les doigts du garçon se mouvaient encore, dura jusqu'à ce que les sons de leurs deux souffles ne fassent plus qu'un, jusqu'à ce que la vapeur tiède qui s'échappait de leurs lèvres se mêle à la brume glacée alentour. Un moment intense et unique, dans lequel les deux adolescents semblaient se perdre. Leurs yeux, leur souffle, leurs sons, leurs peaux... se mêlant avec délicatesse, les liant l'un et l'autre, les diffusant doucement dans l'air ambiant et dans le paysage rouge sang qui s'étendait à leurs pieds. Laessia et Matteo. L'Ichizoku et l'Ensoku. La manipulation et la barbarie. La violette et le bleuet. Deux fleurs opposées dont les tiges, lentement mais sûrement, s'enroulaient l'une à l'autre, défiant les lois des hommes pour les seules lois de la nature. Et là, dans ce paysage de mort, de guerre et de sang, dans ce champ d'argile rouge qui avait vu tant de haine, tant de combats, ce spectacle irréel du couple enlacé amenait enfin une douce paix impossible sur Kanokyon. Une paix que rien ne semblait pouvoir rompre... Et quand les deux fleurs cessèrent de s'attacher, définitivement liées, la violette se retourna, faisant face au dieu de ses rêves...
Alors un son rauque et mélodieux, tendre et sauvage à la fois, s'éleva dans l'air, rompant le silence qui entourait le couple. Et curieusement cette étrange voix ne brisa pas le charme de cette nuit de saison blanche. Bien au contraire. Les syllabes se détachèrent et se mêlèrent au son du vent.
-Comment vas-tu, déesse de mes nuits ?
Les lèvres de sa belle s'entrouvrirent, hésitant quelques instants pendant lesquels il put percevoir le fraicheur de son souffle, puis un sourire les étira doucement et elle parla, de cette même voix cristalline et enfantine qui avait troublé un peu plus tôt les méandres de ses réflexions.
-Je vais bien sitôt que nos corps se frôlent, sitôt que nos souffles se mélangent.
Qui, la connaissant, aurait pu supposer qu'une si belle poésie s'échapperait un jour des lèvres de la jeune fille réputée impulsive et impatiente, qui aurait pu soupçonner un tel calme de celle que l'on nommait hyperactive ? Et qui aurait sincèrement pu penser que dans ses yeux, en cet instant même, brillerait l'ardente flamme d'un amour contenu, d'autant plus flamboyant qu'il était interdit ? Un sourire semblable au sien vint illuminer le visage du garçon, dont la main, tendrement, remontait des hanches au visage de sa belle, de sa déesse.
-Ces simples moments passés à tes côtés sont pour moi plus beaux encore que la plus belle des étoiles qui illuminent ce ciel.
Et doucement leurs lèvres, leurs souffles s'unirent dans un baiser qui complétait l'étrange liaison que personne ne leur connaissait. Un baiser interdit, empli de tout l'amour qu'ils ne se donneraient jamais ouvertement, empli d'un brasier de sentiments qui doucement, trop lumineux, fit se fermer leurs yeux dans une lenteur infinie. Et leurs lèvres, leurs souffles, leurs mains, leurs corps s'enlacèrent dans une harmonie perdue. Ils restèrent ainsi un long moment, laissant le silence reprendre ses droits. Puis leurs langues se délièrent, leurs lèvres s'écartèrent, s'unirent à nouveau puis se séparèrent définitivement, leurs souffles s'accordèrent et leurs doigts, tendrement enlacés, restèrent alors le seul contact maintenant la cohésion entre eux. Ils ne faisaient qu'un. Envers et contre tout. Seuls contre tous. Seuls contre les lois.
La nuit s'écoula ainsi, troublée uniquement par les mouvements de la brume et des jeunes enlacés, liés, fondus l'un en l'autre. La cohésion de leur amour et leur harmonie naturelle les liaient à la brume, tout en les éloignant étrangement du décor de mort qui s'écoulait sous leur pieds. Puis ils s'allongèrent, l'un contre l'autre, sur la terre rouge sang, observant le ciel dans lequel brillaient milles étoiles plus belles et plus brillantes les unes que les autres.
-Les étoiles sont magnifiques ce soir ! murmura la jeune fille d'une voix émerveillée
-Oui... Mais la plus magnifique de toute est celle qui, en ce moment même, s'extasie sur le beauté de celles qui ne lui arriveront jamais à la cheville.
-Tu es un vrai poète, mon coeur.
-Je ne fais que dire ce que mes yeux et mon coeur me soufflent sans cesse.
-Peut-être mais tes yeux et ton coeur ne sont pas ceux qui te donnent les mots, juste ceux qui te soufflent les sentiments à mettre derrière ces mots.
-C'est vrai...

Des étoiles s'allumaient dans le regard de Laessia. Ces soirées n'étaient que pur bonheur, jamais elle ne laisserait passer cette merveilleuse chance.
-Matteo ?
-Oui ?
-Et si tu quittais ton clan.. ?
-... Non ma princesse, je ne peux pas... J'en serais bien incapable, ce clan est celui qui m'a adopté en son sein comme les Ichizoku l'ont fait pour toi...
-Je sais mais... Tu n'y as aucune famille, aucune attache.
-Désolé mon amour.... Un jour, plus tard, peut-être. Mais pas maintenant. C'est trop tôt pour que je ne coupe mes racines...
-Je comprends...

Puis après un long silence pensif, la douce voix de la jeune fille s'éleva à nouveau dans un murmure.
-J'ai besoin de ton aide...

22h30, Quartier Général du clan martial Ensoku
Matteo soupira. Les nuits étaient trop courtes. L'heure passée avec Laessia trop rapide, les moments sans elle trop douloureux. Son soupir se cassa contre la grande porte du manoir principal. Là où vivaient le chef et sa famille. Là où vivait la personne qu'il avait besoin de voir. Pour sa belle. Pour Laesia. Et pour les Ichizoku... Même s'il ne devait pas penser qu'il agissait pour aider un autre clan que le sien. C'était pourtant le cas. Mais la personne qu'il essayait de sauver, la personne qu'ils essayaient de sauver était l'âme de leurs espoirs. Celle qui leur avait fait croire à la possibilité d'une histoire. Car la chef Ichizoku ne pouvait pas tant être sans coeur à propos d'une histoire entre clans opposés. Elle avait vécu la même chose. La même souffrance des séparations, la même inquiétude de la découverte. Alessio le savait. Et, par là-même, Laessia le savait aussi. Matteo serra les poings. Il devait avoir confiance. Il devait sauver cette femme. Même si pour cela, il subirait l'incompréhension des siens. Mais Lucrécia était bonne et gentille. Elle accepterait. Les doigts du garçon s'entrelacèrent. Il devait essayer. Et prier Ensoku pour que la conseillère accepte et en parle à Ryôsei... Son autre main alla chercher la poignée de la porte, et il empoigna son courage avant d'empoigner la poignée elle-même, entrouvrant légèrement la porte. Il était tard, Lucrécia était-elle seulement réveillée ? Il est vrai que ça faisait énormément de temps qu'il ne l'avait pas vue. Était-elle absente ?! Ce serait une catastrophe ! Sans Lucrécia, pas moyen de convaincre le chef de clan de laisser les Ichizoku traverser la montagne. Une voix ferme dont le son fluet n'allait pas du tout avec le ton sérieux retentit derrière lui.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
Un frisson parcourut l'échine du garçon, et il tourna les yeux, sans apercevoir, dans l'obscurité grandissante, la personne qui se tenait derrière lui. Et dont il n'avait pas assez entendu la voix pour la reconnaître. Il resta figé sans répondre.
-Je t'ai posé une question, Matteo Sansön !
Un second frisson répondit pour lui. C'était forcément quelqu'un de haut placé qui s'adressait à lui. Déjà, pour connaître son nom, il fallait connaître le nom d'à peu près tous les membres du clan ayant déjà visité une fois ce bâtiment, qui n'était pas forcément des plus nombreux, mais qui étaient tout de même un certain nombre. Et puis, pour entrer dans ce bâtiment à cette heure il fallait soit être fou soit y vivre. Enfin, ou revenir d'une escapade nocturne avec une chose très important à demander à la conseillère personnelle la plus proche du chef.
-Je cherche Lucrécia. Lucrécia Chisokman.
-C'est moi, que veux-tu ?
-Vous êtes Lucrécia ?
-Celle-là même, que veux-tu ?

Le garçon n'avait pas bougé, et Migry soupira. Ce gamin était réputé pour être à la fois calme, patient et impulsif ce qui, on admettra, était assez... paradoxal. Elle n'aimait pas cette réputation incompréhensible. Tapant du pied sur le sol, elle attendait qu'il réponde. Ce qu'il ne semblait pas décidé à faire. Dans un souffle exaspéré, elle s'éloigna pour allumer une bougie puis revint.
-Bon, regarde-moi et répond à ma question.
Un tourbillon de neige cogna contre la porte, et quelques flocons s'infiltrèrent par l'ouverture. D'un coup de pied, Luchia referma la porte.
-Je... Je... Je préfèrerais discuter en privé.
-D'accord, gamin./ Mais arrête les bégaiements, les silences de dix minutes et les hésitations à chaque phrase, sinon ça va me taper sur les nerfs.

Oui bon, elle était douce, gentille et affectueuse certes, mais il fallait bien qu'elle se montre ferme de temps en temps, tout de même. Enfin bon, toujours est-il qu'elle guida le jeune orphelin ver son "bureau" à la lueur de son unique bougie. Une fois dans la pièce, elle alluma les lumières pour y voir comme en plein jour. Dehors, la neige tombait toujours à gros flocons, comme depuis le début de la saison. Ah, vivement la saison verte et la saison sèche, au moins, il ferait moins froid ! Migry détestait la neige... Elle invita le garçon à s'asseoir dans un des fauteuils près de la grande table qui trônait au milieu de la pièce et s'assit en face de lui, croisant les jambes et posant la bougie éteinte sur l'accoudoir, avant de croiser ses mains sur ses cuisses.
-Alors, dis-moi tout.
Le garçon se racla la gorge et respira un bon coup. Allons bon, qu'allait-il lui demander ? Il commençait à lui faire peur là, c'était pas normal de paniquer ainsi pour des broutilles... Ça devait être sacrément important... Ylivia décida de ne pas l'abreuver de son plus beau sourire pour l'instant, histoire de le mettre moins dans l'embarras. Malgré l'heure tardive, elle se releva de son fauteuil, se dirigeant vers on placard, et comme il ne se décidait pas à parler, elle se tourna vers lui.
-Une boisson ?
-Je euh... Oui, un jus de fruit si vous avez.

La jeune femme acquiesça, ravie de lui avoir sorti un mot. Elle pris le seul jus de fruit qu'elle possédait, un jus de fraise, et en servit un grand verre à l'orphelin. De son côté, elle se prit une tasse de café qu'elle posa sur le deuxième accoudoir, puis tendit son verre au garçon avant de déplacer la bougie ailleurs, prenant sa plume et une feuille au passage. Au moment où elle se posait sur le fauteuil, et après un grande gorgée de fraise, il commença à parler.
-Et bien voilà. Comme vous êtes sans doute au courant, j'ai comme amie la jeune soeur du fiancé actuel de la chef Ichizoku.
-On m'en a parlé, effectivement.
-Eh bien il se trouve que les Ichizokus ont un problème conséquent et sollicitent un peu d'aide de notre part.
-Et de quel devoir nous donnerions-nous la peine de les aider ?
-Ce... Ce n'est pas une aide très conséquente, ils veulent juste l'autorisation de passer les montagnes pour partir à la recherche du quartier général Nozomi.... Et, si accordé, le droit de prendre du repos ici le temps d'une nuit pour atteindre ce fameux lieu...

Migry serra les dents. Elle avait une, non plusieurs, dents contre les Nozomis... Ils était irrespectueux, misogynes et fourbes. Mais ils n'étaient pas en guerre, et aider leurs ennemis même pour quelque chose d'aussi futile risquerait de détériorer leur relation déjà pas très brillante avec le clan archer. Cela dit, la localisation du quartier général Nozomi était un élément à ne pas négliger. Depuis le temps que l'on cherchait carte sur table où pouvaient bien se trouver les oranges, une expédition n'était pas trop tôt venue...
-Et savons-nous pourquoi la jeune Mizuri et son clan s'intéressent à la localisation de ce QG ?
-Je n'en ai absolument aucune idée, mon amie n'a pas tenu à me révéler ce détail...
-Quand dois-tu la revoir ?
-Demain, à 19h...
-Bien, demain à 19h, elle aura sa réponse. Pars maintenant, j'en parlerais au chef.
-Merci Mademoiselle Lucrécia.
-Va donc dormir, jeune Matteo... Et rêve à de belles choses, oublie un peu toutes ces histoires. Je t'assures que demain, tu auras ta réponse. La plus positive possible je l'espère.

Elle le vit sourire. Ah bah quand même, elle lui avait décroché autre chose que sa mine inquiète ! Elle lui offrit en retour son plus radieux sourire et lui donna une bougie pour qu'il se guide dans les couloirs.
-Tiens, évite d'allumer les lumières, les gens d'ici n'aiment pas être réveillés en pleine nuit...
-D'accord, merci. Vous ne dormez pas ?
-Je dors déjà suffisamment pendant la journée.

Devant son air incrédule, elle sourit et haussa les épaules.
-Problème de santé. Ne te préoccupe pas de ça.
Haussa les épaules à son tour, il la remercia à nouveau et partit avec la bougie à travers les couloirs. Il n'avait plus qu'à espérer très fort que Lucrécia réussirait à convaincre le chef !
Ladite Lucrécia sourit. Le pauvre, il avait du s'imaginer des choses. Dormir le jour c'est sûr… que ça pouvait paraître bizarre. Et il y avait encore certaines croyances étranges qui couraient dans les rues. Mais bon, c'était récent, c'était à cause des médicaments de Mikio. Le problème c'est qu'en dormant le jour, elle ne croisait plus du tout Ryôsei, et il était obligé de s'appuyer sur des conseillers bancals. C'était peut-être ça, l'objectif de son fils, finalement. L'éloigner du pouvoir pour couler son père et prendre sa place. Venant d'un Shinjimata, c'était fort probable après tout. Cette famille était l'ambition et la lutte pour le pouvoir incarnées… Ils auraient presque pus être des Nozomis, s'ils n'avaient pas tenu à être loyaux avec leurs adversaires et un minimum respectueux des femmes... Luchia fit les cent pas quelques instant puis s'allongea sur son lit en fermant les yeux, même si elle n'espérait pas pouvoir dormir de sitôt. Finalement, elle éviterait de discuter avec Mikio. S'il se rendait compte qu'elle avait découvert ses idées, il risquait de passer à la vitesse supérieure. Il valait mieux éviter pour l'instant, tant qu'elle n'avait pas compris son objectif final. Mais il fallait qu'elle voit son père, en tous les cas, pour parler de cette histoire d'aide aux Ichizoku. En attendant, elle irait se faire une petite balade nocturne entre les habitations. Sinon elle allait finir folle à rester immobile allongée toute la nuit. Mais bon, dans tous les cas elle s'ennuierait. Soupirant d'exaspération, la jeune conseillère se releva et alla s'asseoir à la table, prenant sa plume et son encrier en forme de "poire" (merci Änthes… xD) et sortant les papiers qu'elle avait à remplir. Bah oui, parce que conseiller du chef, c'était pas un métier de rêve non plus, il fallait remplir des feuilles et des feuilles d'idées et de plans divers pour atteindre le meilleur objectif possible sur le long terme. Pour l'avenir du clan. Elle sourit. Oui, elle tenait l'avenir du clan au bout de sa plume et de son encre. Cette simple idée la rendait radieuse, malgré le coup bas de Mikio. Bah, après tout, qu'est-ce que ça pouvait lui faire de dormir le jour, elle était la femme la plus important du clan après Kihomi Raeka. Enfin non, la femme du chef n'était pas si importante que ça, surtout qu'il était bien connu que le chef la trompait constamment. Migry sourit. Oui, elle l'avait prouvé plusieurs fois d'ailleurs, deux en fait, qu'il la trompait. De quoi alimenter les rumeurs. Enfin bon, elle effaça ces pensés de sa tête et commença à voir d'éventuelles failles dans l'organisation de l'armée du clan, dans les séances d'entraînement programmées, dans la protection des montagnes. Mais tout ça, ce ne sont que de futiles banalités…


Migry rangea les feuilles dans le tiroir de son bureau. Bon, le soleil venait de se lever à sa fenêtre, donc Ryôsei devait être réveillé... Gardant sa plume, elle rangea son encrier et tout ce qui trainait, comme la tasse de café qu'elle n'avait finalement pas bu et le jus de fruit qu'il avait terminé, lui, et posa le tout sur un plateau avec un message à l'homme de service : "Vous pouvez boire le café. M'enfin, il est sûrement froid". Puis elle se prit un peu de café directement dans la cafetière histoire de tenir le temps de parler au chef sans s'endormir. Ah ce qu'il était mesquin le gosse ! Bien pensé son plan de la faire dormir le jour, en fait... Mais il fallait qu'elle tienne ! Finalement, elle vida la cafetière, et emporta une tablette de chocolat avec elle. Au cas ou. Au moins, ça la tiendrait réveillée, peut-être suffisamment longtemps pour réussir à expliquer ça au chef puis retourner dormir. Quand Mikio frappa à sa porte pour lui donner ses médicaments, elle grimaça. Bon, elle trouverait bien une excuse pour ne pas les prendre tout de suite. Non, pour faire semblant qu'elle les avait pris. Elle se déshabilla pour ne rester qu'en sous-vêtements, ouvrit légèrement la porte, attrapa les gélules à la va-vite et referma directement la porte au nez du gosse, prétextant un "je suis pas habillée donc je t'interdis de rentrer !". Il ne protesta pas. Ne pas la voir des journées suffisait sûrement à le convaincre qu'elle prenait bien ses gélules empoisonnées, il n'avait pas forcément besoin de la voir faire. Elle se méfiait de li. Il l'avait aidé à accéder à ce rang, il pouvait très bien le lui reprendre... Soupirant, elle fit fondre les gélules dans le café froid et retira le mot à l'homme de ménage, histoire de ne pas l'intoxiquer. Puis elle sortit le plus discrètement possible par sa baie vitrée après s'être rhabillée et marcha dans l'allée couverte de neige derrière le bâtiment, le petit parc intérieur dans lequel le fils du chef ne venait jamais, et où elle était presque sûre de ne croiser personne. Se faisant la plus discrète possible, elle s'approcha de la chambre de Ryôsei qui se préparait et lui fit signe à la fenêtre. Maintenant elle avait plus d'une chose à lui dire... Il fallait qu'elle lui parle des Ichizoku et de sa saleté de fils... Au bout d'un certain nombre de signes, le chef de clan finit par la voir et enfila rapidement sa tenue bleue et blanche favorite (la grande cape, les petits éclats bleus... bref, celle de la bannière) avant d'ouvrir la fenêtre.
-Enfin Satzuki ! Ça faisait un bon moment que je ne t'avais pas vue ! Mais pourquoi viens-tu me voir par la fenêtre plutôt que par la porte, dis-moi ?
-Ça fait partie des choses dont je dois vous parler, Monsieur...
-Oh. Très bien, allons dans le jardin intérieur alors, je pense que la neige ne vous dérange pas ?
-Ça ira...

Souriant, il la mena jusqu'à l'unique banc proche de sa baie vitrée et l'invita à s'asseoir, avant de s'installer à côté d'elle.
-Racontez-moi donc, ma belle Satzuki.
Migry grimaça. Ah, ce chef de clan et sa manière de parler ! Enfin, il fallait s'y faire, c'était sa manière à lui de montrer qu'une femme était important à ses yeux. Et pour dire, seules les femmes les plus haut placées avaient droit au "ma belle". Pas même sa propre épouse...
-C'est simple. J'ai une mauvaise nouvelle et une réclamation d'un autre clan. Lequel préférez-vous en premier.
-La mauvaise nouvelle. Ainsi, si la réclamation n'est pas une demande négative elle me remontera le moral.
-Votre fils veut m'éliminer.

Ça avait le mérite d'être clair. Clair, concis et direct. Peut-être un peu trop direct, d'ailleurs.
-Allons Satzuki, c'est lui qui vous a menée à moi, pourquoi vous éliminerait-il ?
-Objectivement, je n'en ai aucune idée. Mais les faits sont là : il veut m'évincer. Sans doute songe-t-il que j'ai une trop forte influence sur vos actes, et souhaite-t-il que je ne sois plus là lors de son futur règne qu'il espère proche...

Ryôsei marqua un temps d'arrêt. Oui... son fils voulait le pouvoir, et il ne faisait aucun doute qu'il serait prêt, comme lui, à se débarrasser de son propre père sans états d'âme pour l'obtenir. Mais en quoi Satzuki représenterait-elle un obstacle à son règne ?
-Je ne comprends pas l'utilité qu'il aurait à se débarrasser de vous alors que s'il devient chef il n'aura qu'à vous renvoyer.
-Oui mais... c'est pourtant le cas. Il a injecté dans mes gélules de soin un puissant produit qui a déréglé mon horloge biologique et fait que je dors le jour depuis une semaine ou deux... Ce qui me pose des problèmes conséquents pour vous contacter...

Un bâillement interrompant ses paroles suffit à convaincre le chef de clan, qui n'avait encore jamais vu la jeune femme manifester la moindre trace de fatigue. Et ça, c'était clairement pas normal.
-Je vous crois, Satzuki. Je ne vous ai jamais vu aussi fatiguée depuis le jour où Mikio vous a présentée à moi, même après différents efforts intensifs, longs ou les deux. Et je pense que ça fait suffisamment de temps que je vous connais, vous et mon fils, pour savoir que ce que vous dites est plus que plausible. Je veillerais à faire avouer ça à mon fils... Sans bien sûr mentionner que vous avez découvert son petit manège. Je tiens à vous, Satzuki, je ne le laisserais pas vous faire du mal. Et quelle était donc cette réclamation dont vous me parliez ?
-C'est à propos du clan Ichizoku. Ils sollicitent une minuscule et insignifiante, si l'on peut dire, aide de notre part.
-Que nous demandent-t-ils donc ?
-La permission et l'accord de traverser nos montagnes et, si possibilité est, de se reposer au sein de notre village haut perché pendant une courte nuit, ce afin de permettre enfin à leur clan et à leurs alliés de localiser définitivement le quartier général Nozomi.
-Hm...

Elle le regarda réfléchir pendant un bon moment. Tiendrait-elle finalement sa promesse auprès de Matteo ? Elle se sentait déjà dodeliner de la tête.
-Et bien... Je ne vois aucun inconvénient à ce que les Ichizoku traversent la montagne, à condition qu'il y ait monnaie d'échange. Que seraient-ils prêts à nous donner ? Armes, techniques, emplacements... S'il nous indiquent la localisation de leur clan ennemi afin qu'ils ne puissent s'en prendre à nous et s'ils acceptent de nous livrer quelque arme intéressante, je pourrais alors considérer leur demande avec un intérêt certain. Pour ce qui est de se reposer dans le flanc de notre montagne, voire au sein même de mon clan, ce n'est pas quelque chose que j'accepterais facilement, mais je pense que si nous signons un pacte de trêve pour cette simple nuit et celle où ils repasseront en sens inverse, si passage en sens inverse il y a, je me sentirais plus sécurisé de côtoyer ainsi un clan aussi manipulateur que le clan Shuriken.
Migry s'efforça d'assimiler information après information tout ce que son chef de clan venait de lui annoncer, retenant chaque bribe de conversation pour pouvoir le poser sur papier en retournant dans sa chambre. Elle le fixa quelques minutes puis murmura d'une voix endormie :
-Si le jeune orphelin Matteo Sansön passe dans les couloirs du bâtiment, dites-lui d'entrer sans frapper dans ma chambre. Je me serais sans doute endormie à cause du poison de Mikio, mais il trouvera normalement tout ce que vous venez de dire sur mon bureau. Seulement, dites-lui de me réveiller si ce n'est pas le cas. C'est notre messager vers les Ichizoku.
-Je n'y manquerais pas Satzuki, je n'y manquerais pas. La possibilité d'une trêve avec le troisième clan Amazzalien n'est pas une occasion qu'on laisse passer quand on a des adversaires aussi coriaces que les Ichizoku et les Nozomi, pas vrai ?

Souriant et acquiesçant, la jeune femme se releva, tituba, s'appuya sur le bras du chef qui venait de se relever, vacilla à nouveau puis parvint à marcher à peu près droit sans s'écrouler de fatigue. Pas étonnant que l'autre gamin ait réussi à la faire dormir le jour ! Il y avait quoi, dans ses produits ?! Elle regagna lentement sa chambre et s'assit à la table ressortant les feuilles et son encrier, et commençant à écrire ce que lui avait dit son chef. Trêve, paiement en armes, informations sur la situation du QG Nozomi... Elle s'endormit finalement sur sa feuille, avant d'avoir pu tout écrire...

Le vent soufflait doucement, faisant claquer sa courte chevelure brune sur son visage. Son bandeau masquait difficilement son orbite droit vidé de la belle sphère violette qui aurait du s'y trouver, et un courant d'air glacé s'introduisait par cette ouverture, parcourant l'intérieur de son crâne, visiteur extérieur qui était entré sans permission dans son corps, s'installait dans sa tête. Le courant d'air se blottissait, chargé de ses flocons blancs, aux confins de sa boîte crânienne, refroidissant et engourdissant son cerveau. Et inconsciente de ça, insensible, indifférente, elle marchait et avançait inexorablement vers un objectif dont elle ignorait jusqu'au nom et l'emplacement. Elle marchait sans but même, simplement pour marcher, simplement pour oublier qu'elle n'avait désormais qu'une seule lumière violette pour éclairer ses pas. On lui avait enlevé ! On lui avait enlevé sa lumière ! Curieusement, plus elle avançait, plus elle se sentait jeun et petite. Le courant d'air tournait dans sa tête, nouant et dénouant des nerfs, créant des assemblages complexes qui n'étaient pas censés exister. Et, inconsciente de ça, elle continuait d'avancer. Ses pas lui semblait plus petits, les distances plus grandes, le sol plus proche et le ciel plus loin... Le souffle court, elle ressentit soudain le besoin d'ôter quelque chose qui l'empêchait de voir, alors qu'elle voyait une immense tâche noire sur la moitié de sa vue. Alors, pour la première fois depuis ce jour, elle arracha le bandeau. Et sa vision se fit plus claire, débarrassée de ses gênes. Et elle s'aperçut, là, finalement, que quelque chose ne tournait pas rond. Le courant d'air lui, continuait ses assemblages dans les méandres de sa pensée...
Puis elle comprit. Elle croyait avancer mais elle reculait, elle reculait encore et encore, de seconde en seconde, de minute en minute, d'heure en heure, d'année en année, d'époque en époque. Si elle remontait assez loin, se reverrait-elle nouveau-né, voire avant ? Verrait-elle ses véritable parents ? Ceux qui l'avaient lâchement jetée à la rue ? Ceux qu'elle n'avait jamais vus ? Jamais connus ? Ceux qui avaient laissé passer la chance d'avoir la plus merveilleuse et la plus extraordinaire créature portée par Kanokyon, c'est à dire elle ? Ce serait amusant. Follement amusant même ! Alors elle pressa le pas, sans se douter de la présence du courant d'air bidouillant dans sa tête, et se vit. Elle vit sa naissance, vécu de l'intérieur. S'en souviendrait-elle cette fois ? Elle se vit naître à l'envers, sans avoir le temps d'apercevoir ses parents, retournant dans le ventre de sa mère, retournant à l'état d'unique cellule. Et alors qu'elle se retrouvait soudain à la place de sa mère, enceinte d'elle-même, le courant d'air cassa un fil. Cassa son cerveau. Et elle devint folle. Et soudain des nerfs craquèrent, des vaisseaux éclatèrent, partout dans ses bras...


Migry ouvrit les yeux. On la secouait, on la secouait tant et si fort qu'elle avait eu l'impression que toutes les fibres de son être craquaient les unes après les autres. Une à une, celles de ses bras, de son dos, de ses jambes... Mais ça n'était qu'un rêve. Un cauchemar ! Qui la secouait ? Qui la réveillait ? Qui faisait tourner cette étrange vision nocturne en affreux cauchemar ? La jeune femme cligna rapidement des yeux, puis se les frotta jusqu'à voir clair, relevant la tête. Ces cheveux roses... Matteo ! Elle l'avait complètement oublié !
-Je... Je me suis permis de vous réveiller...
La conseillère acquiesça et jeta un oeil à sa feuille. Oui, elle n'avait pas oublié grand chose... Et reprit une seconde feuille et reformula les mots de son chef de manière diplomatique en proposition, message auquel il était inutile de répondre avant de venir aux montagnes.
-Tiens, donne donc ça à ton amie. Ça suffira. A transmettre à son chef.
Il hocha vivement la tête et quitta la pièce, la laissant se rendormir sur ses papiers.

Cinq heures plus tard, Champs d'Ikuza
-Matteo ! Alors ?
-Alors apparemment, ça a marché !
Elle lui offrit son plus grand sourire, radieuse, et il lui tendit la missive de Lucrécia, qu'elle s'empressa de ranger dans la petite sacoche qu'elle avait amenée. Puis elle décida que l'heure était bien trop courte pour la passer à réfléchir au clan. Alors cette fois-ci ce furent les mains de la jeune fille qui coururent avidement chercher la peau de son bien-aimé, s'agrippant à ses mains, effleurant ses bras, crochetant ses épaules, caressant tendrement sa joues. L'une alla frôler ses lèvres, en suivant le contour et la forme avant que celles de la jeune fille elle-même ne s'avancent brusquement pour prendre la place de ses doigts, effleurant à leur tour les contour de la bouche attirante de son amant, puis s'y liant comme la nuit précédente, s'y accrochant même désespérément, comme si sa vie dépendait totalement du souffle du garçon. Comme si c'était le seul air qu'elle pouvait respirer, celui qui courait entre les lèvres de Matteo. Et l'heure s'écoula comme la veille, merveilleuse et mémorable, comme toutes les précédentes. Puis Laessia rentra, avec sa missive, pour la livrer à son frère, à la tête des Ichizoku jusqu'à ce qu'ils récupèrent Mizuri, captive chez les Nozomi. Matteo rentra dans son clan, ou il se retrouva promu messager officiel pour les relations diplomatiques Ichizoku-Ensoku. Oui, forcément... Tant que personne ne saurait, ils seraient heureux.

Une robe noire fit changer le vent de direction, quelques instants, et des traces de pas quittant le bâtiment principal pour la source d'une rivière s'affichèrent dans la neige craquelée au sol.
-Vivement la fin de la saison blanche... murmura une voix dans la nuit

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Dieu Ensoku, pourquoi suis-je aussi fatiguée ?! [Monopost]

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